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Le débat autour du burkini agite la France

Posted on: 17/08/2016

Le burkini, mélange de bikini et burqa, est en ce moment au cœur d’une polémique qui pose la question de la frontière entre pratiques religieuses et respect de la laïcité.

 

epa03366113 A young Turkish woman cools off while wearing a burkini at an open-air bath in Berlin, Germany, 20 August 2012.  EPA/STEPHANIE PILICK (MaxPPP TagID: epaphotos543477.jpg) [Photo via MaxPPP]

epa03366113 A young Turkish woman cools off while wearing a burkini at an open-air bath in Berlin, Germany, 20 August 2012. EPA/STEPHANIE PILICK (MaxPPP TagID: epaphotos543477.jpg) [Photo via MaxPPP]

Tout a commencé à Marseille, où le parc aquatique Speedwater Park et la municipalité des Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône) ont décidé de « ne pas donner suite » à la demande de réservation de femmes des quartiers Nord de Marseille qui avaient prévu une sortie piscine en burkini. Puis, après cette annonce, le sénateur-maire DVG de la commune Michel Amiel avait annoncé vouloir prendre un arrêté d’interdiction contre cette sortie.

Arrêté préfectoral à Cannes et rixe à Sisco

Quelques jours plus tard, c’est le maire de Cannes qui a pris un arrêté interdisant le port du burkini sur les plages de sa ville. Selon l’arrêté, « une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse, alors que la France et les lieux de culte religieux sont actuellement la cible d’attaques terroristes, est de nature à créer des risques de troubles à l’ordre public qu’il est nécessaire de prévenir ».

L’arrêté à été validé par la justice et les associations comme le Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF) et la Ligue des droits de l’homme (LDH), s’en sont indigné et ont engagé un recours en justice, finalement rejeté par le tribunal. Ils ont déposé un recours devant le Conseil d’Etat, qui doit être examiné dans les prochains jours. Parallèlement, des heurts ont éclaté à Sisco en Corse, entre plusieurs familles musulmanes et des touristes , ce qui a donné lieu à une violente rixe et plusieurs blessés, dont une femme enceinte. Le maire de Sisco a également interdit les burkinis dans sa commune suite à ces affrontements.

Le communautarisme en débat

Le burkini est en fait un nouveau révélateur de cet éternel débat français autour du communautarisme. La société doit-elle accepter son port sur les plages françaises ? Doit-on empêcher les femmes musulmanes qui ne veulent pas montrer leur corps de nager habillées au risque pensent certains d’en inciter d’autres à faire de même ? Doit-on accepter ce que beaucoup considèrent comme un asservissement de la femme ? Doit-on penser pour elles en quelque sorte ? Au-delà des opinions personnelles, il y a la loi qui dit quoi faire, encore qu’il y a la loi nationale et les arrêts municipaux, ce qui n’est pas tout à fait la même chose.

Que dit la loi ?

Interdire le burkini ne relève pas du domaine de la loi. Depuis 2010, seul le port du voile intégral est interdit dans l’espace public, ce n’est pas le cas du burkini qui couvre les cheveux mais pas le visage. Interdire le burkini relève donc de la seule compétence du maire. Il faut un motif et ici, le motif invoqué est ici le risque de troubles à l’ordre public. L’arrêté municipal de Cannes invoque donc le contexte de l’état d’urgence et les récents attentats islamistes de Nice pour interdire l’accès aux plages et à la baignade à toutes personne qui n’aurait pas une tenue correcte respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité. Une interdiction ponctuelle, jusqu’au 31 août, sanctionné d’une amende de 38 euros.

De vives réactions

Si les associations ont vivement réagi quant à cette polémique, les politiques, se sont eux aussi exprimés sur la question. Laurence Rossignol, ministre des Droits des femmes, a qualifié par exemple le burkini de « profondément archaïque », mais a appelé à le combattre « sans arrière-pensées », dénonçant « la droite dure » qui « veut faire de l’islam le sujet des mois à venir ».

Jean-Pierre Chevènement, pressenti pour prendre la tête de la fondation pour les œuvres de l’islam de France, a quand à lui estimé que les arrêtés anti-burkini pouvaient être légitimes en cas de trouble à l’ordre public.

Invitée ce matin sur notre antenne, la sénatrice UDI de l’Orne Nathalie Goulet souhaite plutôt s’en remettre à la loi. « D’un point de vue légal, le burkini n’est pas interdit. Mais si les maires prennent des arrêtés pour l’interdire, il faut le respecter ». Enfin, elle ajoute que « plus on en fait une affaire d’état, plus il va y avoir de communautarisme ».

Source: France Inter

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