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Syndrome de stress post-traumatique: une méthode pour guérir

Posted on: 04/05/2016

Difficile après des évènements dramatiques de prendre en charge les personnes traumatisées. La thérapie du Pr Brunet propose pourtant une approche qui semble porter ses fruits.

Fleurs sous le Monument de la Republique lors de la journee d'hommage aux victimes des attentats du 13 novembre. Place de la Republique, Paris, FRANCE - 27/11/2015./ALCALAYSARAH_142815/Credit:Sarah Alcalay/SIPA/1511281434

Fleurs sous le Monument de la Republique lors de la journee d’hommage aux victimes des attentats du 13 novembre.
Place de la Republique, Paris, FRANCE – 27/11/2015./ALCALAYSARAH_142815/Credit:Sarah Alcalay/SIPA/1511281434

 

Si vous souffrez d’un syndrome d’un trouble du stress post-traumatique ou état de stress post traumatique (ESPT), il existe une nouvelle solution pour guérir. Suite aux tragiques attentats de Paris le 13 novembre 2015, de nombreuses personnes, victimes directes ou non, ont développé un ESPT et sont gênées dans leur quotidien par des pensées intrusives négatives, des cauchemars… générant des situations d’évitement (comme par exemple la peur de prendre le métro). Touché par cette actualité dramatique, le Pr Alain Brunet, directeur de recherche en psycho-traumatologie à l’Université McGill (Montréal, Canada), spécialisé depuis plus de 15 ans sur le traumatisme, a spontanément proposé son soutien au directeur de l’AP-HP, Martin Hirsch. « La psychiatrie n’est pas vraiment adaptée à la prise en charge des traumatismes de masse« , explique-t-il. Son idée ? Former bénévolement les médecins à un traitement innovant qu’il a mis en place afin de pouvoir prendre en charge plus de patients.

De son côté, le Pr Bruno Millet, professeur de psychiatrie à la Pitié-Salpêtrière, a été immédiatement séduit par la démarche d’entraide du Pr Brunet. L’objectif est double : former du personnel (une centaine de professionnels sont déjà initiés) et faire avancer la recherche (puisque c’est la possibilité d’évaluer cette méthode à grande échelle).

C’est ainsi qu’est né, sous l’égide des deux hommes, un projet ambitieux : PARIS MEM (pour PARIS MEMoire vive), en partenariat avec 14 centres, dont certains ne faisant pas parti de l’AP-HP (comme l’hôpital Saint-Anne), des centres médico-psychologiques… Les médecins souhaitent inclure 400 patients dans leur étude et comparer la méthode du Pr Brunet à d’autres traitements classiques (antidépresseurs et psychothérapie). Pour cela, les patients peuvent appeler un numéro : 01 42 16 15 35, fonctionnel dès le 13 avril 2016. « Nous nous engageons à rappeler tous ceux qui auront contacté ce numéro et à proposer une évaluation« , ajoute Alain Brunet. A noter que l’évaluation diagnostique et la prise en charge ultérieure sont gratuites, voire même défrayées pour les personnes qui auraient un déplacement à prévoir.

Bloquer la reconsolidation du souvenir

Le syndrome de stress post-traumatique est un trouble lié à la mémoire, explique le Pr Brunet : « Quelqu’un qui en souffre est en quelque sorte comme dans le film Un jour sans fin » où une seule et même journée se répète en permanence. Les psychotropes – à savoir les anti-dépresseurs – sont efficaces mais beaucoup arrêtent leur traitement en raison des effets secondaires. La psychothérapie a également des effets positifs, mais malheureusement après de très nombreuses séances… D’où la nécessité d’apporter un traitement innovant, pour le Pr Brunet qui travaille depuis 2005 sur « le blocage de la reconsolidation » du souvenir traumatique. La consolidation est le phénomène qui fait passer un souvenir (issu d’une expérience) de la mémoire à court-terme à la mémoire à long-terme en 2 à 5 heures. Progressivement, le souvenir devient de moins en moins émotionnel (comme dans le cas d’une rupture amoureuse).

Mais lorsqu’il y a un ESTP, la partie émotive reste trop intense et le cerveau ne parvient pas à reclasser en quelque sorte le souvenir. Un médicament, le propanolol (habituellement utilisé dans le traitement des migraines) permet d’interférer avec le processus chimique qui imprime le souvenir ; il bloque les hormones de stress qui fixent la partie émotive du souvenir. Le résultat est un souvenir dégradé, c’est-à-dire qu’il est toujours présent mais beaucoup moins intense. 

METHODOLOGIE. Le traitement est réalisé par le biais de 6 séances de 10 minutes. Sous l’effet du propanolol, à la dose de 1 mg/kilo, le patient est invité à raconter son trauma. Le récit est consigné, ce qui permet par la suite au patient de le relire à haute voix. Chaque semaine, le patient avale un comprimé avant de reprendre son récit initial. Souvent, entre la 4e et 6e séance, les patients déclarent que le texte ne correspond plus à ce qu’ils ressentent. Il n’y a plus de charge émotionnelle associée à la remémoration de (ou des) évènement(s). L’étude, destinée en priorité à ceux qui ont un syndrome depuis les attentas, s’adressent néanmoins à toute personne adulte souffrant d’un syndrome de stress post traumatique. Les prises en charge pourront commencer d’ici 2 à 3 semaines, le temps d’obtenir les dernières autorisations des comités de protection des personnes.

Source: http://www.sciencesetavenir.fr

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