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Femmes au bord de la crise de nerfs

Posted on: 06/05/2010

Elisabeth Badinter a sorti un livre très critique sur la femme d’aujourd’hui qui serait poussée à redevenir une parfaite femme au foyer et une mère de famille. Ces positions ont déclenché un véritable raz de marée qui a poussé de nombreuses femmes à s’exprimer pour donner leur point de vue.



Une femme forte connue pour son féminisme très poussée
Née le 5 mars 1944, Elisabeth Badinter est la fille de Marcel Bleustein Blanchet, l’inventeur de la publicité en France et fondateur du groupe Publicis. Elle fait des études en philosophie obtenant l’agrégation et se spécialise dans le siècle des Lumières, une période qui la fascine, dont elle se sent proche. Mariée à Robert Badinter, le couple est connu pour être franchement de gauche. Elle dispense ses connaissances en tant que maître de conférences à l’Ecole polytechnique. Depuis 1996, elle est en outre présidente du conseil de surveillance de Publicis, groupe dont elle est aussi l’actionnaire principale. Féministe acharnée, elle a entre autres critiqué la parité, dénoncé la violence conjugale où on ne parlait que de la faiblesse des femmes « À vouloir ignorer systématiquement la violence et le pouvoir des femmes, à les proclamer constamment opprimées, donc innocentes, on trace en creux le portrait d’une humanité coupée en deux peu conforme à la vérité. D’un côté, les victimes de l’oppression masculine, de l’autre, les bourreaux tout-puissants ». Elle n’a pourtant bizarrement jamais rien trouvé à redire sur les publicités plutôt sexistes du groupe Publicis.

Son livre Le conflit, la femme et la mère fustige l’allaitement et les couches lavables
Elisabeth Badinter
(AFP) a sorti le 10 février un livre polémique chez Flammarion Le conflit, la femme et la mère, dans lequel elle analyse la situation de la femme d’aujourd’hui. Et pour elle, le constat n’est pas brillant. Les femmes reviendraient sur les victoires obtenues par les féministes au début du siècle: la crise économique favoriserait un retour de la femme au foyer afin d’élever son enfant. La philosophe rappelle à ce titre que c’est justement l’activité professionnelle qui permettait à la femme de s’épanouir et de devenir autonome. L’allaitement est également dans sa ligne de mire. Dans une interview, elle déclare « La mère parfaite est au service de son enfant. C’est celle qui allaite pendant au moins six mois, à la demande. Cette idéologie s’est imposée de façon insidieuse au fil du temps. On est passé du «moi d’abord», des années 1970, au «bébé d’abord». Il y a une réelle menace pour la liberté des femmes, qui sont culpabilisées si elles ne se conforment pas à ce modèle ».  Pour elle, on cherche à faire croire aux femmes qu’elles seront de mauvaises mères si elles n’allaitent pas. Enfin, la maternité écolo ne lui plait guère et notamment l’idée des couches lavables. Pour elle, c’est alourdir encore la charge de travail domestique de la femme car il est bien évident que ce sera elle qui sera en charge de laver les couches. Selon une étude Ined, les tâches ménagères reposent encore à 80% sur les femmes, le soin des bébés presque à 100%.

Réaction indignée des femmes
Face aux propos tenus par Elisabeth Badinter, nombreuses sont les femmes qui ont tenu à faire entendre leurs voix. Première en lice, Nathalie Kosciusko-Morizet qui était secrétaire d’Etat à l’Ecologie auprès de Jean-Louis Borloo avant de devenir secrétaire d’Etat à l’Economie numérique. Elle avait à cette époque là fortement encouragé les parents à utiliser les couches lavables. Pour elle, Elisabeth Badinter se trompe complètement de combat, « il n’est pas question de revenir à des modes de vie anciens mais d’envisager l’avenir en intégrant l’idée du développement durable. Le vrai problème, ce n’est pas de combattre les pratiques écologiques, mais de les rendre accessibles à tous, qu’il s’agisse de la nourriture biologique ou de la lutte contre les polluants chimiques ». Elle insiste sur la responsabilité écologique de nos générations. D’autres femmes, pourtant fortement féministes, se sont déclarées choquées de la vision aliénante qu’a la philosophe de la maternité. Ainsi, pour Clémentine Autain qui a fondé, en 1997, le mouvement féministe Mix-Cité, « Mieux vaut, me semble-t-il, tenter d’imaginer une société plus égalitaire où hommes et femmes partageraient les contraintes mais aussi les plaisirs de la parentalité. C’est l’angle mort du livre et, pourtant, il y a du travail ! »(Interview du Monde).

Aimé ou détesté, ce livre rencontre un franc succès en librairie. Paru il y a huit jours, il a déjà atteint un tirage de 85.000 exemplaires selon Livreshebdo.fr et se place en deuxième position du top 20 Ipsos/Livres Hebdo des meilleures ventes de la semaine du 8 au 15 février.


Magali MASSA

Source: lepetitjournal.com

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