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Exposition: Crime et châtiment au musée d’Orsay

Posted on: 22/04/2010

Supervisée par Robert Badinter, l’exposition se penche sur les représentations du mal et de la justice. En frappant les consciences collectives, le crime a aussi su inspirer les artistes.

Dès l’entrée, son ombre plane sur les œuvres. Elle est là, la Veuve. Une guillotine voilée de noir, symbole d’une justice barbare relégué pour de bon au rang des objets historiques. Mais entre le XVIIIe et le XXe siècle, de la Terreur jusqu’aux grandes affaires criminelles du siècle dernier, les têtes tranchées ont obsédé les artistes. Certaines ont hanté les peintres qui reproduisaient les traits figés des condamnés, d’autres ont révolté les consciences. Victor Hugo, pourfendeur de la peine de mort, dessinaient sur des croquis l’horreur que lui inspiraient les exécutions. « Cette tête de l’homme du peuple, cultivez-la, moralisez-la…: vous n’aurez plus besoin de la couper », écrivait l’auteur du Dernier jour d’un condamné.

Théodore Géricault, "Etude de pieds et de mains"© Musée Fabre de Montpellier Agglomération – cliché Frédéric Jaulmes

Pendant des décennies, le crime et ses châtiments -terrestres ou divins- ont fasciné les hommes. Les faits-divers sanglants et romanesques accompagnent la naissance de la presse moderne et inspirent la littérature. Sur les unes des premiers journaux, des chroniques judiciaires d’une saisissante modernité côtoient des représentations dans les moindres les crimes les plus sordides.

Victor Hugo "Ecce, le pendu" © Maisons de Victor Hugo / Roger-Viollet

Figure obsessionnelle, haïe mais obsédante, le meurtrier rappelle les premiers crimes bibliques, à commencer par celui d’Abel par Caïn. Il y a les brigands, les femmes fatales aux allures de sorcières ou tous ces condamnés déjà presque morts qui retrouvent enfin une humanité. En 1857, le peintre anglais Abraham Solomon peint une touchante « Attente du verdict », sur lequel les membres d’une famille, blottis les uns contre les autres, attendent l’issue d’un procès dans la galerie d’un tribunal. « Pas de chance », « Adieu Frisette »: sur une authentique porte de prison en bois, on peut aussi lire les derniers messages gravés par des prisonniers.

René Magritte, "L'assassin menacé" © 2010, Digital Image, the MOMA, New York/Scala, Florence - Adagp, Paris 2010

En filigrane de l’exposition, il y a la question du mal, à laquelle l’art a servi d’exutoire. Dès les XIXe siècle, des criminologues tentent d’expliquer les prédispositions au meurtre de certains humains. Leurs conclusions glacent le sang: des marques physiques comme des bosses sur le crâne seraient le signe d’une propension innée à commettre le crime. Parmi d’autres anecdotes, le visiteur apprend que les scientifiques de l’époque lisaient dans l’attitude de la « Petite danseuse de 14 ans » sculptée par Edgar Degas un « caractère particulièrement vicieux ». Une façon de rendre le mal prévisible et évitable, pour mieux se rassurer…

Crime et châtiment au musée d’Orsay jusqu’au 27 juin

Tous les jours sauf le lundi de 9h30 à 18h, nocturnes le jeudi jusqu’à 21h45.

62 rue de Lille, 75007 Paris

Métro Hôtel de ville ou Rambuteau

Entrée : 9,50 euros, réduit 1,50 à 7 euros.

Renseignements au 01 40 49 48 14

www.musee-orsay.fr

Source: Le petit journal

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