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Tony Parker valorise le “comment”

Posted on: 11/02/2010

Un blog très intéressant, « Fortes têtes« , par Cécile Traverse, présente une analyse d’un commentaire du joueur de basket français,  Tony Parker. Différent de ce que l’on lit normalement à propos, ça vaut la peine!

“Définir” n’est-il pas le moyen le plus sûr de véhiculer du sens?

A la lecture de l’interview de Tony Parker accordée au journal L’Equipe du Lundi 23 Novembre 2009,  un passage  a particulièrement retenu mon attention.


A la question du journaliste s’inquiétant  du début de saison de son équipe de San Antonio et de la mise  en place de sa défense, compte  tenu de l’arrivée de nouvelles recrues, Tony Parker répond : « Depuis que je suis ici, on a toujours été dans le top 5 des meilleures défenses de NBA. Et les nouveaux le savent. Il est donc inutile de leur rappeler qu’il faut défendre. Mais il faut leur apprendre comment on défend. Car les principes sont différents ». (p.17) Cette valorisation du « comment », au dépend de ce qu’il convient de faire, peut sembler évidente pour certains, pourtant, c’est loin d’être toujours le cas. Dans cet exemple, T.P. évoque la défense de son équipe et, par conséquent, la question du « comment » sur un plan technico-tactique. Si nous glissons vers les aspects mentaux de la performance, le « comment » apparaît, sinon jamais, tout du moins, insuffisamment traité. Prenez le temps de vous promenez sur les bords des terrains sportifs et de tendre l’oreille, quel que soit le niveau. Les messages véhiculés par les parents, l’entourage, le public, l’encadrement,… sont souvent du type : «  concentre-toi », « ne stresse pas »,  « sois agressif », « relâche-toi », « motive-toi », « aie confiance en toi »… Si ces messages peuvent s’apparenter à des encouragements, tout du moins pour celui qui les donne, ils n’en demeurent pas moins incomplets sur le plan du sens qu’ils véhiculent, si une réelle prise de conscience et un réel travail n’ont pas été réalisés en amont.  Pensez-vous que savoir qu’il faut se concentrer est suffisant pour que l’individu parvienne à le faire ? Lorsque votre enfant stresse sur un terrain de sport ou ailleurs, suffit-il de lui dire de rester calme pour que son stress disparaisse ? Lorsque je jouais au tennis, mon père avait coutume de me dire « on ne joue pas la propriété » mais quand je voyais son attitude sur le bord après quelques points manqués… j’avais quand même un peu l’impression de la jouer la propriété…

Le problème vient souvent de la négligence dont nous faisons preuve dans la définition des termes employés comme si le sens des mots s’imposait de lui-même.  A ce propos, une année, j’ai collaboré avec un district de football qui souhaitait évaluer les connaissances des jeunes joueurs sur certaines notions et leur compréhension de ces dernières : les messages de l’encadrement étaient-ils clairement et uniformément entendus ? Le travail était long, je ne vous citerai qu’un exemple significatif : nous avons demandé à chaque joueur ce qu’il comprenait lorsque son entraîneur désirait qu’il soit agressif. Nous avons observé une grande variabilité dans les réponses, avec presque un quart de l’effectif qui ne savait pas ce que cela signifiait (4 jeunes) ou qui assimilait l’agressivité à la violence (12 personnes) avec des réponses du type : « être méchant », « faire des tacles par derrière », « faire mal à l’adversaire »… A l’époque, ce travail a accentué mon sentiment : nous n’insistons pas assez sur la définition des choses et en matière de mental, cette réalité me semble exacerbée. Nous attendons du sportif qu’il maîtrise sa performance, mais lui en donnons-nous toujours les moyens ? Quelles remarques vous apparaissent les plus utiles lorsqu’elles s’adressent à un athlète éprouvant du stress ? : « Ne stresse pas ! » ou « Pourquoi stresses-tu ? », « Quelle est ton interprétation de cette compétition ? », « Que ressens-tu ? », « N’as-tu pas déjà fait face à ce genre de situations ?» ; « Comment avais-tu surmonté ce stress lors de ta dernière compétition ? »…  Le stress (voir le modèle transactionnel) consiste « en une transaction entre la personne et l’environnement dans laquelle la situation est  évaluée par l’individu comme débordant ses ressources et pouvant mettre en danger son bien-être » (Lazarus et Folkman, 1984 ; Folkman & al., 1986). Cette définition ne vous apporterait-elle pas quelques clés ? Ce n’est pas l’événement qui nous inquiète mais bel et bien l’interprétation que nous en avons, seulement encore faut-il le savoir… Quand on comprend que plus l’écart grandit entre notre évaluation de l’exigence de la tâche à accomplir et celle de nos ressources pour y faire face, plus le stress s’impose, l’envie de travailler nos interprétations, d’avoir conscience de nos ressources et d’en développer de nouvelles n’apparaissent-elles pas naturellement des projets pertinents à mener ?

Folkman, S., Lazarus, R.S., Gruen, R.J., & DeLongis, A. (1986). Appraisal, Coping, Health Status, and Psychological Symptoms, 50(3), 571-579.

Lazarus, R.S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal and coping.
New York : Springer Publishing Company.

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